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dimanche 20 mai 2012
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Crash d'un B26 "Maraudeur" à Talmas - Au cours de la nuit du 7 au 8 juillet 1944

Après les recherches entreprises en novembre dernier par l’association " Somme Aviation 39-45 " pour retrouver les débris d’un avion allemand, un MESSERSCHMITT 109, abattu au-dessus de Talmas, Jean-Pierre DUCELLIER, historien doullennais, a effectué de nouvelles investigations concernant cette fois-ci un bombardier américain.

En effet, un autre appareil, un bombardier de l’aviation américaine est également tombé en 1944 dans le village. Il nous en livre ci-dessous les résultats.

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MARTIN B-26 MARAUDER
La nuit du 7 au 8 juillet 1944, un raid de B26 « MARAUDER » du 322ème Bomber Group de la 9ème Air Force des USA avait été programmé pour bombarder le château de Ribeaucourt, estimé selon les Alliés, abriter un grand Quartier Général des responsables du programme V-1.

A l’exception de quelques B17 larguant des tracts la nuit et des B24 larguant du matériel pour la résistance (depuis janvier 1944), les missions de nuit de l’aviation américaine sont tout à fait exceptionnelles, ces attaques nocturnes étant habituellement laissées aux bombardiers de la RAF britannique.

Cette mission nocturne effectuée par les B26 « MARAUDER » du 322ème Bomber Group américain sur le château de Ribeaucourt, cette nuit du 7 au 8 juillet 1944, se révèlera cependant être un fiasco total.

Si quelques bombes parviendront à être larguées vers la région de l’objectif, ce groupe de bombardiers rencontrant une violente opposition de la DCA et surtout des chasseurs de nuit de la Luftwaffe, perdra cette nuit là neuf B26 « MAURAUDER » au-dessus de notre département de la Somme.

L’un d’eux s’écrasera à Talmas derrière l’église.

Il s’agit du B26 « MARAUDER » 42-95970 du Squadron 450 appartenant à ce 322ème Bomber Group de la 9ème Air Force des USA.

A bord se trouvaient six hommes d’équipage :
  • Le capitaine Frédéric F. Peters, pilote
  • Le 1er lieutenant Ellis H. Davison, co-pilote
  • Le second lieutenant Clyde E. Jr Loomis, bombardier/navigateur
  • Le sergent George C. White, mécanicien
  • Le sergent Otha B. Huckaby, mitrailleur
  • Le sergent William M. Racer, mitrailleur arrière
Par Jean-Pierre DUCELLIER

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ET UN BOMBARDEMENT CETTE MEME NUIT…

Les bombes sont tombées dans la rue Capitaine et la rue du Haut Bout
Peu de temps après, vers cinq heures du matin, un autre appareil largua ses bombes qui explosèrent sur la localité de Talmas, de la rue Capitaine à la rue du Haut Bout, faisant une victime civile, Mme Gabrielle BOUCHER , et détruisant cinq maisons :

- celle d’Alfred BOUCHER (occupée aujourd’hui par Mme Géraldine JACQUEMART)
- celle de Georgette BOUCHER (située sur le terrain M. Franck Poiret rue du Haut bout)
- celle d’Honorat DULOUARD (également sur le terrain de M. Franck Poiré)
- celle de Louis MONCHIET (occupée par M. et Mme Guy Fontaine)
- ainsi que celle de Camille BEUVIN (Cabinet de Mme Boutarfa)

QUELQUES TEMOIGNAGES

RAOUL DURSENT
« En 1944, un bombardier est tombé derrière la maison où nous habitions mes parents, ma sœur Marguerite et moi, rue Georges Thuillier. L’avion venait de la direction de l’ancien hôtel restaurant sur la route Nationale.
Il était en feu et la queue de l’appareil est tombée rue du Boyaval, à côté de la ferme de Monsieur DOMONT. Nous avons eu très peur car l’appareil est passé toujours en feu au ras de la toiture de notre maison avant de s’écraser derrière notre ferme, pas très loin de la rue du Pré Bégond.
Nous sommes sortis avec des seaux pour essayer d’éteindre le feu car nous avions peur que les granges abritant de la paille ne s’enflamment. Il est tombé à trente mètres des bâtiments. Une partie de l’avion s’est décrochée, a rebondi sous le choc, certainement un moteur qui est allé mettre le feu à une grange, située rue Moqueuse, appartenant aussi à M. Domont.
Les fusées et les munitions explosaient dans tous les sens.
Je me souviens comme si c’était hier, des deux pilotes morts sur leur siège dans la carlingue en feu, un autre est tombé dans un arbre dans la ferme de M. Domont, quelques uns ont sauté en parachute. Les allemands sont vite arrivés et des sentinelles ont gardé les lieux, empêchant toute personne de s’approcher. C’est certainement la DCA qui a abattu l’avion. »

La rue Capitaine dans les années 1920
CLOTAIRE MACQUE

« Personne n’a eu le temps de se rendre compte qu’il s’agissait d’un bombardement, tellement ce fut rapide. Il devait être environ cinq heures du matin.
Les premières bombes, des bombes soufflantes, sont tombées dans une pâture derrière une maison de la rue Capitaine, tuant plusieurs bêtes.
D’autres bombes, de plus forte puissance, ont coupé des arbres, détruit et endommagé des maisons de chaque côté de la rue Capitaine et de rue du Haut Bout, blessant mortellement Gabrielle BOUCHER.
Des gravats de cette maison ont été propulsés jusque dans la cour de notre ferme, à plusieurs centaines de mètres.
Lors de ces passages de bombardiers, des avions lâchaient des lamelles de papier doré de 3 à 4 cm de large sur 20 à 30 cm de long, afin de leurrer la DCA, qui une fois dans les projecteurs les prenait pour des appareils. »

MICHELINE VAQUEZ
« J’habitais avec mes parents rue du Haut Bout, mais j’allais dormir chez une amie à quelques dizaines de mètres de notre maison. Nous regardions passer tous ces avions dans le ciel de Talmas par une fenêtre du toit.
Plusieurs bombes sont tombées dans un bruit sourd dans la rue, dont une à quelques mètres d’une des granges dans la cour de la ferme de mes parents. La toiture de notre grange a été soufflée mais le bâtiment a tenu sous le choc. D’autres bombes sont tombées rue Capitaine.
Il y avait un gros gré dans la cour de plusieurs centaines de kilos, qui a été propulsé par-dessus la maison. Tout le monde a été choqué ! »

CHARLINE PETIT (née MONCHIET)
« J’avais à l’époque 13 mois et ce sont mes parents qui m’ont relaté cet événement.
Nous habitions à l’angle de la rue d’Airaines et de la rue Capitaine.
J’étais la plus jeune des cinq enfants.
Avec le bruit des avions au-dessus de Talmas, mes parents sont sortis pour mettre à l’abri mes quatre frères et sœurs, mais en me laissant momentanément dans la maison.
Une bombe est tombée près de notre maison, qui s’est effondrée alors que j’étais toujours dans la chambre. Mes parents ont dégagé les décombres avec l’aide d’autres personnes et de soldats allemands. Ils m’ont retrouvé toujours en vie dans le lit, recouverte de gravats et m’ont toujours dit : « tu es une miraculée ».
Et pendant de nombreuses années étant enfant, j’étais apeurée et stressée dès que j’entendais le bruit d’un avion. Toute la famille a été hébergée pendant quelques mois dans la famille, chez M. et Mme Abel HAMIEZ.
La commune a ensuite mis à notre disposition le presbytère, près de l’église, car l’abbé Bréart venait de partir habiter au foyer du Peuple, rue du Bia. »

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Infos sur le Maraudeur

MARTIN B-26 MARAUDER
Le MARTIN B-26 MARAUDER est un bombardier moyen américain utilisé pendant la seconde guerre mondiale sur le front européen et dans la guerre du Pacifique (plus de 5000 exemplaires). Cet avion se présentait comme un monoplan à aile haute cantilever au fuselage spacieux, de section circulaire, dans lequel prenait place un équipage de cinq hommes, puis sept. Equipé d’un train d’atterrissage tricycle, l’appareil était propulsé par deux moteurs en étoile Pratt & Whitney R-2800-5 de 1850 CV chacun.

Quelques caractéristiques :

Envergure : 19,81 m
Longueur : 17,75 m
Hauteur : 6,05 m
Vitesse maximale : 510 km/h
Vitesse ascensionnelle : 365,4 m/min
Distance franchissable : 1850 km
Armement : 6 mitrailleuses Browning 12,7 mn en poste fixe et 2 pour chaque tourelle dorsale et arrière et 1360 kg de bombes en soute
Equipage : 5 à 7 hommes
Plafond : 7200 m



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